Pour en finir avec la date de péremption (« meilleur avant » épisode 1)

Meilleuravant_3Pourquoi ne pas consacrer mon premier article à un de mes sujets préférés : la date de péremption! Que vous soyez du genre à jeter votre yogourt à la seconde près où il atteint la date fatidique inscrite sur le pot ou plutôt du genre à gratter le moisi sur le dessus pour manger le dessous, cet article est un incontournable.

Alors par où commencer… Par le site de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) tiens. C’est cette agence qui régit la date de péremption pour tout le Canada, entre autres choses. Bref, difficile d’avoir plus crédible comme source. Voici un premier extrait de ce qu’on peut y apprendre :

La date de péremption n’est pas une garantie de la salubrité de l’aliment. Elle constitue plutôt une indication pour les consommateurs de la fraîcheur et de la durée de conservation potentielle des aliments non ouverts.

Toutefois, lorsque la date de péremption ou la durée de conservation est dépassée, l’aliment peut perdre un peu de sa fraîcheur ou de son goût ou sa texture peut être différente. L’aliment peut également perdre un peu de sa valeur nutritive, par exemple, sa teneur en vitamine C.

Ceci devrait déjà être relativement suffisant pour que vous ayez compris que la date de péremption au Canada, c’est une date de FRAÎCHEUR des aliments. De toute façon, la mention sur les emballages le dit : « Meilleur avant … », et non pas « Dangereux à partir de …  ». Un détail important par contre :

La date de péremption ne s’applique qu’aux aliments qui n’ont pas été ouverts. Une fois qu’ils le sont, leur durée de conservation peut changer.

(Ce n’est pas pour rien qu’il est écrit sur de nombreux produits réfrigérés quelque chose du genre « À consommer de préférence dans les 7 jours après l’ouverture ».)

Ensuite, je suis quand même obligé de vous partager ce point :

Il ne faut jamais se fier à l’odorat, la vue ou le goût pour juger de la salubrité d’un aliment. Il est impossible de déterminer si un aliment causera une maladie d’origine alimentaire selon ces critères.

C’est vrai, malheureusement, les microorganismes pathogènes (ceux qui rendent malade), peuvent être invisibles, sans odeur et sans saveur, comme c’est le cas pour la salmonelle. Comment on fait alors si on ne peut pas se fier à la date de « péremption » ni à nos sens? Ce n’est pas parfait je sais, mais il faut user de jugement et ce qui aide c’est notamment de mieux connaître deux concepts fondamentaux sur l’hygiène et la salubrité.

Deux concepts fondamentaux : chaîne du froid et aliments potentiellement dangereux

En mots simples, la chaîne du froid c’est la température basse à laquelle certains produits plus à risque ou plus fragiles doivent être conservés. La clé, c’est qu’il ne faut pas briser la chaîne du froid (ou le moins possible) : un produit normalement réfrigéré (0°C à 4°C) ou congelé (-18°C) doit rester réfrigéré ou congelé.

Cette règle s’applique particulièrement aux aliments potentiellement dangereux (APD), soient des aliments qui offrent un milieu très prisé par les microorganismes, ces derniers se multipliant en plus assez rapidement à température ambiante (entre 4°C et 60°C = zone de danger). Bref, les APD doivent être minimalement gardés au réfrigérateur (ralentit la multiplication des microorganismes) ou au congélateur (arrête la multiplication des microorganismes).

Mais quels aliments sont potentiellement dangereux?

Les APD sont habituellement riches en protéines, présentent une teneur élevée en eau et sont faibles en acidité. Voici quelques exemples :

  • Viandes, poissons, fruits de mer
  • Oeufs et produits des oeufs (*divergence de norme par rapport à la France)
  • Lait et produits laitiers (*sauf yogourt et les fromages à pâte ferme)
  • Germes crus
  • Jus de fruits et légumes frais
  • Fruits et légumes coupés
  • Aliments végétaux cuits
  • Mets préparés                                                   (Source : page 6)

Dans le cas des APD, vous pouvez vous fier davantage à la date de péremption; vaut mieux ne pas prendre trop de risques avec ces produits. Pour les autres aliments par contre, il faut plutôt y aller avec son jugement et vos connaissances maintenant enrichies! Plus question de continuer de se fier bêtement sur la date de péremption, hein?

Quelques questions et réponses faciles pour savoir quoi faire avec un produit « passé date » :

  • Est-ce que tu pourrais le donner en tant que denrée non périssable dans les paniers de Noël? Si oui, ton produit ne sera JAMAIS PÉRIMÉ. Au pire, il sera juste plus mou si c’est quelque chose de sec ou bien plus sec si c’est quelque chose de mou (c’est immanquable).
  • Est-ce un produit surgelé qui est toujours resté congelé? Si oui, ton produit ne sera JAMAIS PÉRIMÉ. Au pire, il sera peut-être un peu brûlé par le froid, mais c’est mangeable.
  • Est-ce un yogourt qui n’a jamais été ouvert et qui est toujours resté au froid? Si oui, tu peux le manger parfois jusqu’à un an après la date, pas de joke. De toute façon, un yogourt passé date, ça se détecte très facilement.
  • Est-ce de la viande, du poisson ou des fruits de mer? Si oui, là tu peux te fier à la date de péremption et ne pas prendre de chances. Content(e) là hein? 😉
  • Est-ce un autre type de produit réfrigéré qui n’a jamais été ouvert et qui est toujours resté au froid? Les chances sont bonnes que ton produit soit encore bon. Inspecte-le et sens-le, s’il n’y a rien qui cloche et que tu n’as pas de déficit immunitaire, mange-le idéalement bien cuit (si applicable).

Vous n’êtes pas encore convaincus?!

Allez écouter ce segment d’émission « Une pilule, une petite granule » avec d’autres spécialistes qui vous confirmeront tout ça.


* Notes personnelles selon mes connaissances et d’autres sources.

P.S. Je m’exonère de toute responsabilité si jamais vous tombez malade en suivant (bien ou mal) mes conseils.

P.P.S. Je suis certain que je vais pouvoir encore vous apprendre des choses dans mon deuxième article (épisode 2) sur le sujet. Oui oui je vous jure!

 

 


Intéressés par une conférence sur le gaspillage alimentaire en général ou sur un volet précis? N’hésitez pas à me contacter : eric.lenverdeur@gmail.com

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3 réflexions sur “Pour en finir avec la date de péremption (« meilleur avant » épisode 1)

  1. J’adore ! à l’écrit, comme en conférence, le sujet est très claire et bien connue par son auteur. TOUT le monde devrait avoir lu ce texte au moins une fois ! Je dis une fois, car on peut avoir tendance à oublier ou à douter …

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